La recherche au service de la formation : l’UNAFORIS mobilisée à la Biennale 2026

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Du 22 au 24 avril 2026, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) a accueilli la Biennale internationale de l’éducation, de la formation et des pratiques professionnelles, placée cette année sous le thème « Faire expériences ». Pendant trois jours, chercheurs, formateurs, étudiants, professionnels et personnes accompagnées ont croisé leurs points de vue, souvent depuis des angles très différents, parfois même inconciliables, ce qui est plutôt sain dans ce type d’événement.

Dans ce cadre, l’UNAFORIS a animé le 24 avril un symposium intitulé « La recherche, un levier pour la formation », réunissant plusieurs établissements de formation en travail social (EFTS) autour d’un sujet simple en apparence, mais rarement stabilisé dans les faits : comment la recherche s’inscrit concrètement dans les formations et les pratiques.

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Quand la recherche bouscule les formats de formation

La séance a été ouverte par Marcel Jaeger, président de l’UNAFORIS, avant une mise en discussion animée par Chloé Altwegg-Boussac et Brigitte Cheval.

Premier constat partagé : la recherche ne reste pas cantonnée à un registre académique. Elle circule, s’infiltre, parfois dérange les cadres installés de la formation.

L’IRTS Île-de-France, représenté par Nathalie Sanquirgo, a présenté « L’expérimentation psychosociale à la rescousse de la formation des cadres du champ social », en montrant comment des dispositifs expérimentaux permettent de travailler autrement les prises de décision et l’analyse de situations complexes.

L’IRFASE, avec Séverine Charpentier, a mis au point « L’expérience partagée et la recherche comme leviers d’apprentissage et de formation en travail social », soulignant la valeur pédagogique des récits expérientiels et de leur diffusion structurée.

Le CFTS La Rouatière, porté par Maylis Fontaine et Clarisse Agostini, a présenté « Innover par l'action-recherche : le travail social en trans-formation », en mettant en avant des démarches où la production de savoirs se construit dans l’action elle-même, et pas après coup.

HETIS, avec Albert Marouani, a abordé les enjeux de coopération avec les laboratoires universitaires, en pointant les conditions nécessaires pour donner une véritable consistance scientifique aux travaux issus des EFTS.

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Des recherches qui ne se font plus “à côté”

L’après-midi, animé par Olivier Jeanne et Maryvonne Lyazid, a déplacé le regard vers celles et ceux qui fabriquent la recherche, souvent dans des configurations moins stabilisées qu’on ne l’imagine.

L’IRTS Parmentier, représenté par Anaïs Martin et Yasmina Younès, a présenté « Émergence et structuration d’un collectif de chercheuses », illustrant la montée en puissance de dynamiques internes qui ne passent pas uniquement par les cadres institutionnels habituels.

L’ESSLIL, avec Emilie Duvivier et Jennifer Grember, a proposé « Le dispositif “Logement d’abord” : recherche, formation, action », où les frontières entre production de connaissances et intervention de terrain deviennent franchement poreuses.

L’IRTS de Lorraine, avec Philippe Hirlet et Thibaut Besozzi, a présenté « La co-recherche en actes : participation et droits des mineurs étrangers non accompagnés », en intégrant directement les personnes concernées dans la fabrication des savoirs, ce qui oblige à revoir certaines habitudes méthodologiques.

L’IRTS La Réunion, avec Marie-Paule Calcine, a partagé « Former des moniteurs éducateurs par la recherche-action participative », à partir d’expériences menées en relais familial auprès de jeunes placés, où la recherche devient aussi un outil de formation en situation réelle.

Enfin, HETIS, avec Julien Scheepers, a présenté « Faire expérience de la recherche dans les formations en alternance », en interrogeant la manière dont la recherche peut s’inscrire dans les temporalités parfois discontinues de l’alternance.

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Une fonction qui dépasse le seul registre académique

Au fil des échanges, une ligne commune s’est dessinée : la recherche n’est pas un ajout aux formations, ni un exercice réservé à quelques spécialistes. Elle agit comme un point de friction, qui oblige à reformuler les pratiques, à préciser les gestes professionnels et à rendre visibles des dimensions souvent implicites du travail social.

Dans un contexte où les EFTS doivent composer avec des évolutions rapides des métiers, des contraintes institutionnelles fortes et des attentes accrues en matière de qualification, cette articulation entre recherche et formation apparaît moins comme une option que comme une condition de solidité des parcours.

En animant ce symposium, l’UNAFORIS a donné à voir une évidence souvent difficile à stabiliser dans les pratiques : la recherche ne “s’ajoute” pas aux formations, elle les traverse, les oblige, parfois les déplace. Portée par les EFTS et leurs équipes, elle se construit au contact des situations réelles, là où les cadres théoriques rencontrent leurs limites et doivent être retravaillés. C’est dans cet aller-retour permanent entre terrain, formation et production de savoirs que se dessinent des formations en travail social capables de tenir face à la complexité du secteur.

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Dernière modification
30/04/2026