Réseaunance

Réseaunance n°5

Le 30/03/2017

 

 

OASIS-Handicap, un dispositif pour la qualification
des personnes en situation de handicap

 

OASIS-Handicap est un dispositif permettant d’accompagner vers la qualification par l’emploi des personnes en situation de handicap qui ont fait le choix des métiers du travail social et médico-social.

Présentation de ce dispositif par Didier Vinches, Directeur du CFAS Occitanie, Centre de formation d’apprentis spécialisés - Synergie-handicap – Oasis, et coordonnateur pédagogique national du projet.

 

> Tout d'abord, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? 

J’ai un parcours en travail social classique, éducateur spécialisé, puis formateur en travail, et ensuite directeur d’établissement de formations supérieures en travail social. J’ai complété mon parcours par des formations universitaires en développement social, en gérontologie, et en administration d’entreprise. Quand le projet OASIS est né, j’étais directeur de la formation continue et des formations supérieures à l’IRTS Languedoc-Roussillon. Depuis juin 2016, fort de mon expérience sur la question du handicap, je suis devenu directeur du CFAS, qui a depuis fusionné avec l’IRTS Languedoc-Roussillon et l’IFOCAS. Le CFAS a notamment pour but de former des personnes en situation de handicap sur tous les corps de métiers (boucherie, plomberie, etc.). J’ai pu ainsi continuer à coordonner le projet OASIS, qui était complétement en relation avec l’apprentissage adapté que nous portons au CFAS.

 

> Comment le projet OASIS-Handicap a-t-il débuté ?

Il y a 5 ans, nous avons repéré à l’IRTS Languedoc-Roussillon, comme dans d’autres lieux de formation, que l’accessibilité des personnes en situation de handicap à nos formations était compliquée, voire quasi inexistante. Nous avions souhaité à partir de ce constat faire jouer davantage la mixité en proposant un dispositif financé de manière expérimentale par la Région Languedoc-Roussillon. Les objectifs étaient de pré-qualifier ces personnes, de les orienter vers les métiers du travail social et de les accompagner pendant la formation et jusqu’à la sortie vers l’insertion professionnelle.

Ce dispositif a bien fonctionné, mais comme il était expérimental, la Région n’a financé que la première année.

Nous avons alors rencontré l’OETH, association ayant pour objet de favoriser l’emploi des travailleurs handicapés du secteur sanitaire social et médico-social privé à but non lucratif, qui a accepté de devenir partenaire pour financer ce projet, dès lors que l’accent serait mis sur le volet de l’apprentissage. En effet, nous avons noté que les contrats d’apprentissage étaient un excellent moyen de permettre en même temps aux personnes de confirmer un projet professionnel par une immersion dans le secteur et de sécuriser les parcours de formation. En effet, la première année, nous avions eu du « décrochage » et de l’abandon liés souvent à des contingences matérielles (financement, etc.).

Le dispositif a été couronné de succès, et à partir de là, OETH a décidé d’étendre le dispositif au plan national. 6 autres établissements de formation se sont investis dans ce projet coordonné par l’UNAFORIS dans le cadre d’un conventionnement avec OETH, pour un déploiement sur les régions Ile-de-France, Normandie, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

> Quelles sont les formations visées par le dispositif ?

Les premières expérimentations ont permis de préparer aux formations canoniques : moniteur éducateur, éducateur spécialisé, voire aide médico-psychologique (maintenant accompagnant éducatif et social). De fil en aiguille, dans les recrutements effectués, les personnes étaient souvent en reconversion professionnelle, par exemple : un maçon, suite à un accident de travail, ne pouvait plus porter de charges lourdes, et avait la « fibre sociale », mais sans trop connaître les formations possibles. Il a par la suite suivi une formation d’éducateur technique spécialisé, avant d’occuper un emploi dans ce secteur. Nous avons depuis élargi à d’autres formations ou parfois réorienté vers le champ de l’animation.

 

> Quel type de handicap ont les personnes s’inscrivant dans le dispositif OASIS ?

Jusqu’à maintenant, les personnes participant au dispositif ont plutôt des handicaps tels que :

* une déficience auditive, ce qui nécessite un partenariat fort avec des établissements d’interprétariat,

* une maladie professionnelle ou maladie invalidante, par exemple, la sclérose en plaques,

* des accidents du travail ou des incapacités professionnelles, par exemple, l’interdiction de port de charges,

* et aussi des problématiques psychiatriques, comme des dépressions, mais avec des états stabilisés.

Nous sommes très attentifs à la sélection des personnes, notamment lors des recrutements effectués bien en amont par les conseillers de Pôle emploi, et surtout de Cap Emploi.

 

> Comment le dispositif s’organise-t-il au niveau national ?

Etant devenu le coordonnateur pédagogique national du projet, je co-anime 4 à 5 fois par an des réunions des coordonnateurs des différents établissements, avec Nathalie Bourguet, Chargée de mission à l’UNAFORIS, et Marie Maas, Responsable projets à OETH, dans le cadre du pilotage national. Sur le site de l’UNAFORIS, nous avons un espace commun de travail, qui nous a permis de solidifier le projet.

Par notre position de précurseur, nous servons de personne ressource pour les centres participants au dispositif. Nous avons partagé tout ce que nous avions mis en place et fait bénéficier les autres établissements de notre expérience.

Le dispositif évolue grâce au collectif des EFTS investis, qui ont aussi permis d’introduire des idées originales dans le dispositif.

 

> Quel est le bilan pour le déploiement 2015-2016 ?

Le bilan est positif avec 56 candidats formés. L’OETH a ainsi décidé d’étendre le dispositif à deux régions supplémentaires pour 2017/2018. Un appel à candidature a été lancé au réseau des établissements de formation en travail social adhérents à l’UNAFORIS.

A l’horizon 2020, OETH souhaite déployer le dispositif  dans l’ensemble des régions.

 

 

 

  •  Contacts :

* Didier Vinches, Directeur du CFAS Occitanie - didier.vinches@cfas-lr.fr

* Marie Maas, Responsable projets OETH - marie.maas@oeth.org

* Nathalie Bourguet, Chargée de mission UNAFORIS - nathalie.bourguet@unaforis.eu  

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